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Michel psychostase

La pesée des âmes.

Rogier van der Weyden (1400-1454), retable polyptyque du Jugement dernier, 1443-1452, la Pesée des âmes (partie inférieure du panneau central) avec 4 anges buccinateurs, Hospices de Beaune

C’est une des scènes-clés des représentations du Jugement dernier : la pesée des âmes (en fait la pesée des actions, bonnes ou mauvaises, du ou des défunts). Elle est effectuée par l’archange Michel, chef de la milice céleste – donc juge en plus de chef des armées. Le thème est un emprunt probable à l’Égypte.

Papyrus de Hounefer (Livre des Morts), XIXe dynastie, vers -1275, British Museum, Londres : la pesée du cœur de Hounefer guidé par Anubis / Hunefer’s heart, represented as a pot, is being weighed against a feather, the symbol of Maat, the established order of things, in this context meaning ‘what is right’. If the heart did not balance with the feather, then the dead person was condemned to non-existence, and consumption by the ferocious ‘devourer’, the strange beast shown here which is part-crocodile, part-lion, and part-hippopotamus.

Probablement via Byzance (première occurrence à Kastoria, en Macédoine, au début du Xe siècle, et une autre, à la même époque, sur la Haute Croix de Muiredach (monastère de Monasterboice), en Irlande).
La scène, qui n’est pas mentionnée dans les textes bibliques, est reprise ensuite dans l’art roman (tympans des églises de Sainte-Foy de Conques, Saint-Lazare d’Autun et de Vézelay) et surtout dans l’art gothique où elle connaît son apogée, avant de disparaître à l’époque de la Renaissance et de la Réforme protestante (l’idée de pouvoir accéder au Paradis avec un bilan certes positif mais non exempt de péchés commençait à poser problème aux puristes).

Cathédrale d’Amiens, tympan du portail central, détail : la pesée des âmes par saint Michel avec deux anges buccinateurs

Cette fonction d’ange psychostase semble absente de la tradition montoise. Mais elle nous rappelle le lien de Michel avec le texte de l‘Apocalypse, c’est à dire la fonction de dévoilement : il est l’ange ordonnateur de la vérité définitive, le moment de la fin du temps, qui départage néant et éternité.